Leçon de vie. Et de survie.

Vietnam, Hoi An

Aujourd’hui, on a rencontré un homme en fauteuil roulant. Il parlait bien peu anglais mais on a réussi à se comprendre. Il est tombé d’un toit quelques vingt ans auparavant, ce qui l’a laissé paraplégique. Comme plusieurs, cette condition le laisse dans l’obligation d’avoir une poche d’incontinence. Un étui pénien d’incontinence pour sortir le beau terme. Le hic, c’est que ça semble impossible à trouver au Vietnam. C’est un voyageur étranger qui le fournissait jusqu’à ce qu’il meure il y a environ dix ans. Même sa fille qui travaille dans le domaine médical n’arrive pas à en trouver. Normalement, cette poche devrait être changée au max toutes les deux semaines. Lui, ça fait dix ans qu’il lave et réutilise la même ! Encore et encore.

Il m’a demandé de voir si c’était possible de lui en envoyer. Comme nous sommes en voyage pour encore trois mois, je m’en remets à vous. Alors si vous travaillez dans un hôpital ou connaissez quelqu’un ou une entreprise qui pourrait lui en faire don et lui envoyer un paquet de ces étuis péniens d’incontinence, ce serait plus qu’apprécié. Il vous en serait très reconnaissant.

Voici ses coordonnées :
Hoan Anh Tuan
30, Ly Thai To Street
Hoi An
Vietnam

Si vous avez des questions, vous pouvez communiquer avec sa fille par courriel.
Elle s’appelle Thao
Adresse courriel : chiamedical2@gmail.com

Merci 🙂

Observations en vrac et pratico-pratique

Vietnam, Hoi An

Les Vietnamiens ne semblent pas connaître les canapés. On n’en a pas vu un seul. On voit seulement des banquettes de bois au dossier bien droit et des chaises coussinées. C’est peut-être qu’ils n’aiment pas ce qui est mou parce qu’ils dorment sur des surfaces dures faites de bois ou d’un tressage très serré. Parfois, ils dorment sur des matelas mais ceux-ci sont si durs que c’est comme dormir sur le sol (on a expérimenté dans un hôtel !).

On a vu nos premières coquerelles dans la rue. Bien grosses. Heureusement qu’elles n’étaient pas dans notre chambre… En même temps elles ne mordent pas !

On a aussi vu quelques rats…

Et on a vu un chat manger du riz. Oui, oui !

Ils ne changent pas les draps tous les jours dans les chambres d’hôtel. Par contre, ils donnent toujours des brosses à dents avec un mini tube de dentifrice bon pour deux jours. Parfois même un peigne et des Q-tips.

IMPORTANT : Toutes les bouteilles d’eau ne sont pas potables. Faut donc choisir celles de propriétés étrangères. Fiez-vous aux marques suivantes : Aquafina (Pepsi), La vie (Nestlé), Dasani (Coca-Cola), Vinh Hao (Coca-Cola aussi) et selon l’article que j’ai lu, la Sapuwa, du Vietnam, aurait reçu le certificat international de nourriture de qualité et sécurité en 2002 et 2013, elle serait donc fiable. C’est Diep, de Flavours of Vietnam, qui nous a dit de nous méfier de certaines marques. Merci Diep.

Dès que vous tombez dans les régions chaudes, il ne faut pas étendre votre linge dehors parce que comme en Afrique, il y a des bébites qui viennent pondre leurs oeufs sur les vêtements mouillés et elles s’immiscent ensuite dans votre organisme. Brrrr !

Les distances sur la route, que ce soit en auto ou en bus, prennent deux fois plus de temps à parcourir qu’en Occident. C’est la faute aux nombreuses motos, au manque de voies rapides et parfois, au mauvais états des routes. Le train quant à lui est encore plus lent. Il ne dépasse pas 30 km / heure. On est loin du TGV !

Le touriste paie deux fois le prix que celui payé par les vietnamiens. C’est injuste, mais c’est comme ça. N’hésitez pas à négocier.

Le prix des études universitaires au Québec revient à peu près au même prix  que celui payé par les Vietnamiens, si on le compare au revenu moyen des habitants.

On a vu quelques repas de mariage à Hanoi qui se donnaient dans la rue. Plutôt quétaine pour nous, dans des teintes de mauve ! On n’a juste pas les mêmes goûts.

Truc pour traverser les rues :
Traversez LENTEMENT. Allongez un bras devant vous pour indiquer aux motocyclistes et conducteurs d’autos la direction où vous allez. Ils vous verront mieux et vous contourneront plus facilement. En même temps, ça vous donnera un espace de sécurité.

Pour les personnes à mobilité réduite :
À Hué, il y avait des rampes pour permettre aux personnes en fauteuil de franchir les trottoirs. Elles ne sont pas toujours alignées mais c’est un bel effort. En fait, jusqu’ici il y a souvent des rampes pour entrer dans les commerces. Elles ne sont toutefois pas faites pour les personnes en fauteuil mais pour permettre aux commerçants de rentrer leur moto dans leurs magasins. Elles ne nous sont donc d’aucune utilité, à nous, personnes à mobilité réduite parce qu’elles ne sont pas assez larges. De toute façon, les commerces sont si encombrés qu’il est souvent impossible aux personnes en fauteuil roulant d’y pénétrer et de s’y déplacer.

Les Vietnamiens ne sont manifestement pas habitués à voir des personnes en béquilles car lorsque je me lève, ils me suivent au pas quand ils ne m’empoignent pas les bras. Je déteste ça parce qu’ainsi, je n’ai plus aucun contrôle. C’est quand même une jolie attention. N’empêche que je dois leur dire de ne pas le faire, que je suis habituée. À chaque fois, je me sens un peu mal. Si vous êtes accompagnés, demandez à la personne qui vous accompagne de faire le tampon entre vous et eux. C’est ce que mon chum a fait et ça m’aidait beaucoup.

La grande terrasse du Hai Café, dans le centre historique de Hoi An, est accessible aux personnes à mobilité réduite. Les toilettes ne le sont pas cependant.

Si vous êtes en fauteuil, pensez à demander si l’hôtel est pourvu d’un ascenseur et si celui-ci se rend au rez-de-chaussée de même qu’à tous les étages. Ce n’est pas toujours le cas. Demandez aussi si l’entrée de l’hôtel est de plain-pied avec le trottoir. Il y a souvent une ou quelques marches. Ce qu’il faut comprendre, c’est que lorsqu’il y a un ascenseur, celui-ci est fait pour faciliter le transport des bagages, non pas pour accommoder les personnes à mobilité réduite.

Sachez qu’au moins vous devriez avoir de la facilité à vous doucher car la plupart du temps les douches sont à l’italienne. C’est-à-dire qu’elles sont de plain-pied avec le reste de la salle de bain. Pensez quand même à vous en assurer parce que parfois il peut y avoir des baignoires.

Gardez aussi en tête que lorsque vous trouverez une rampe assez large pour votre fauteuil, elle sera bien pentue. Faites de la musculation avant de partir si vous n’êtes pas accompagnés !

Joyeux Noël de Hoi An !

Vietnam, Hoi An

Ho ho ho ! Joyeux Noël chers lecteurs ! J’espère que vous vous portez bien et que vous passez du bon temps avec ceux qui vous sont chers, sans chicanes. 😉

Pour le réveillon, nous, nous avons mangé dans un resto indien qui était excellent. Mon meilleur à vie ! Fallait bien célébrer un peu même si on sent que les Vietnamiens ne fêtent pas beaucoup cette journée. On a seulement vu des enfants avec de tuques de père Noël, des gens avec des paquets de biscuits emballés et des bouquets de fleurs à offrir en cadeau. Aucune frénésie capitaliste en vue. Faut dire qu’ils sont communistes ici !

Rapidement : Hoi An est une ville de l’Unesco en raison de l’architecture unique de ses maisons. Ce sont des maisons à un ou deux étages, construites en bois de teck très foncé, choisi à cause de sa grande résistance à l’humidité. En effet, la ville est située à côté d’une jolie petite rivière qui inonde malheureusement les maisons chaque année. Les bases des poutres sont en marbre pour résister aux bibittes en tout genre et mieux conserver le bois. C’est une ville agréable, jolie où il fait bon se promener à l’écart du trafic car le centre historique est fermé à la circulation. Cela fait vraiment grand bien de s’isoler du brouhaha habituel des motos.

Notre hôtel est le plus beau que nous ayons eu jusqu’à présent ! Il est tout neuf. De la fenêtre de notre chambre, on a une vue sur les rizières. Voyez :

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Pour vous taquiner un peu, sachez que nous irons probablement à la plage cet après-midi ! Hé oui ! Mais bon, on m’a dit qu’il faisait bien chaud au Québec ces jours-ci alors vous n’êtes pas mal non plus. 😉

Sur cette belle note, je vous dis à très bientôt !

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Élevage de poissons.

L’ethnie Cham à Danang

Vietnam, Danang

Nous venons de passer le cap du centre du Vietnam pour entrer dans la partie sud. Par le fait même, nous avons laissé le froid derrière nous. Selon la météo, nous devrions aussi y laisser la pluie. J’espère !!!

Il n’y a malheureusement pas grand chose à voir à Danang à part un musée de l’art de l’ethnie Cham et un pont qui sort de l’ordinaire.

Le musée de l’art Cham
Le musée a été construit par des architectes français et rassemble des pièces qui appartenaient à un site archéologique, My Son, de l’ethnie Cham.

Les différentes pièces sont des sculptures qui ornementaient les différents bâtiments. Elles sont d’inspiration hindou et celles qui sont en bon état sont vraiment très belles et très fines. On y trouve des déesses aux bras multiples, des lions, des singes et autres représentations symboliques.

Toutefois, l’état lamentable du bâtiment du musée est désolant. Au Québec, le bâtiment serait fermé. Il est mangé par l’humidité, plus que défraîchi, tout est écaillé, en train de tomber en miettes.

Un truc m’a frappé : ils ont récupéré des poutres du site archéologique et les ont assimilées au bâtiment. Je n’avais jamais vu ça avant. Ces éléments archéologiques seront abîmés à jamais s’ils doivent les récupérer en cas de rénovation du musée ou de changement de lieu d’exposition.

Bien sûr, ce musée n’est pas accessible aux personnes handicapées puisqu’il y a comme toujours, des escaliers.

Le pont
Le pont est un gros dragon jaune. Cela change des nôtres qui sont plus ou moins ordinaires. C’est un peu quétaine, mais je dois dire que ça ne manque pas d’originalité. Alors bravo ! Et au moins, à mobilité réduite ou non, vous pourrez l’admirer. 😉

Je ne vous ai pas oubliés ;-)

Vietnam, Hué

Désolée de ce silence, mais pour une raison inconnue, je n’avais pas accès à mon blog ces trois derniers jours…

On attend le bus qui nous amènera de Hué à Danang. Un trajet de 3h de bus qui nous aurait pris en Amérique moitié moins de temps. La circulation folle des motos et voitures en est la cause.

Voici mes impressions de Hué.
Nous avons visité ici la Citadelle, là où les empereurs du Vietnam ont résidé au cours du siècle dernier. C’est super grand et donc très impressionnant. Malheureusement, très peu de bâtiments sont bien entretenus et restaurés. Étant donné que c’est une région où il pleut souvent, les bâtiments de la Citadelle sont noircis par la moisissure. Pour les personnes handicapées, si vous n’êtes pas en mesure de faire quelques pas ni de monter quelques marches, vous ne pourrez pas entrer dans les bâtiments. Vous pourrez par contre vous promener dans l’enceinte si quelqu’un vous accompagne et vous aide à passer les seuils entre les différents quartiers de la Citadelle.

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Nous avons aussi visité deux tombeaux d’empereurs. Le premier que nous avons vu, Khai Dinh, est superbe malgré son aspect noirci. L’intérieur tranche complètement avec l’extérieur. Il est décoré de céramiques d’une manière typique des artisans vietnamiens de cette époque. Le résultat est très chargé. Le tombeau se situe toutefois en haut d’un long escalier. Alors pour ceux et celles qui ne peuvent marcher, vous ne verrez que l’extérieur, vu d’en bas.

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Le second tombeau, Ming Mang, est complètement différent du précédent. Premièrement, il est situé dans un cadre bucolique, au bord d’un cours d’eau. Quand nous l’avons visité, le temps était gris et brumeux (c’est le temps que nous avons depuis un moment !). Ça créait une ambiance très paisible, agréable et qui faisait grand bien après le brouhaha de la ville. Il est constitué de plusieurs bâtiments qui s’enfilent les uns derrière les autres. C’est vraiment très joli. Bien sûr, si c’était entretenu comme les bâtiments historiques le sont en France, ce serait encore plus beau. Mais ça vaut le coup d’oeil malgré tout.

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Vite vite vite avant de partir…

Vietnam, Hanoi

Un petit bonjour express pour vous dire qu’on quitte ce soir Hanoi pour Hué par un bus de nuit dont le trajet devrait durer 14-15 heures !!! Heureusement, ce sont des bus avec couchettes. Ça ressemble à des chaises longues, à moitié assis, à moitié couché. 😉

Je vais profiter de ce moment d’arrêt pour faire une sélection de photos afin de vous montrer un peu ce qu’on a vu jusqu’à maintenant. Elles devraient donc être sur le site dans les prochains jours.

Je vous prie d’excuser les quelques fautes ici et là dans mes textes. Je n’ai pas de correcteur d’orthographe ni toujours le temps de me relire.

Sur ce, je vous dis donc à très bientôt !

Sapa. Jusqu’ici : Bof !

Vietnam, Sapa

Ben voilà, on est maintenant à Sapa. Contrairement à Pu Bin, Sapa est une destination courue par les touristes, autant que la Baie d’Halong. Les gens viennent surtout ici pour faire des randonnées dans les montagnes et rizières et visiter les villages des différentes ethnies.

On est arrivé tôt ce matin après avoir pris le train de nuit, train dans lequel j’ai vraiment cru que je n’arriverais jamais à embarquer ni à descendre. En plus, les compartiments sont super petits et contiennent deux lits à deux étages. Avec tous nos bagages et le fauteuil roulant, il ne restait plus beaucoup de place. Mais les deux Vietnamiens qui partageaient le compartiment avec nous, sûrement les seuls du train rempli de touristes, n’ont rien dit du tout. Aucune protestation.

Après avoir pris possession de notre chambre, sale comme toutes celles d’Asie, on a pris notre déjeuner qui n’était pas génial. Au moins, cet hôtel est tout à fait accessible aux personnes en fauteuil roulant. L’entrée est de plain-pied, il y a un ascenseur et la salle de bain est à l’italienne. Ça veut dire que la douche n’est pas isolée du reste de la salle de bain – pas de rebord, de portes, de rideaux, de bain – alors quand on prend notre douche, toute la salle de bain se retrouve mouillée. Ce n’est pas pratique, sauf pour les personnes en fauteuil roulant !

Après ça on est partis se balader jusqu’au marché. J’ai acheté un bracelet à 60 cennes. Je me suis promis de n’acheter que des bracelets ou colliers en souvenirs car ça ne prend pas de place dans les bagages. Si j’avais pu, j’aurais peut-être acheté autre chose car ce que ces ethnies fabriquent de leurs mains est très joli.

Chaque ethnie porte des habits différents, qui les identifient. C’est un plaisir de les regarder faire leurs courses et vendre leurs trucs même si elles insistent parfois un peu trop pour nous vendre leur marchandise. La pression qu’elles nous mettent n’a toutefois rien à voir avec celle des Sénégalais. Ces derniers insistent tellement et se montrent si désagréables qu’on en vient parfois à détester leur pays. Ça devient exténuant. Ici, au moins, les femmes sont souriantes. Nous avons passé un moment avec deux jeunes filles de l’ethnie Muong. L’une était âgée de 22 ans, s’est mariée à 18 et avait déjà trois enfants. Elle avait son bébé dans le dos. L’autre jeune fille, âgée de 14 ans était déjà mariée. Elle ne vont pas à l’école. Elles nous ont suivi un bon moment et insistaient pour qu’on leur achète quelque chose mais au moins elles nous parlaient, posaient des questions et répondaient aux nôtres. Elles avaient de super beaux habits mais pas d’argent, à ce qu’elles nous ont dit, pour s’acheter des souliers fermés (il fait froid, on est en montagnes)… mais elles avaient un cellulaire… Allez comprendre !

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Demain, un guide et un chauffeur nous amèneront dans les différents villages des alentours auxquels la plupart des gens se rendent en randonnée. Vu ma condition, nous irons en auto. Nous reprendrons le train de nuit pour Hanoi dès demain soir. Il nous faudra ensuite planifier un peu notre descente vers le centre du Vietnam.

Hier, nous nous sommes baladés à Hanoi autour du grand lac situé au nord ouest de la vieille ville. Alors qu’on marchait, une femme handicapée assise sur sa moto à trois roues m’a arrêtée. Elle voulait que son amie, qui boitait, prenne une photo de nous deux !!! Elle voulait aussi que je lui écrive mon nom. Elle m’a remis sa carte d’affaire. Je n’ai pas encore regardé de quoi il s’agissait. J’ai l’impression qu’elle accoste toutes les personnes handicapées qui croisent sa route… Bizarre, mais quand même sympathique !

Ah oui, pour répondre à Marie-Cat, j’essaierai de prendre en note tous les mets qu’on mange, mais de temps en temps, je n’en sais rien moi-même… 😉 Et puis, en effet, Seb a l’air d’un contorsionniste sur les petits bancs. D’ailleurs, il se fait souvent dire qu’il est très grand. Pas trop étonnant vu la grandeur moyenne des Vietnamiens.

Sur ce, je vous laisse. Il est temps de souper. Je n’aurai certainement pas le temps de vous écrire demain. Je vous dis donc à très bientôt.

Pu Bin : un rêve réalisé avec grand bonheur !

Vietnam, Pu Bin

Vous avez déjà vécu l’immersion totale ? Moi, c’est la première fois et c’est tout simplement GÉNIAL ! Enfin du tourisme vécu de l’intérieur, fait de partage et d’éclats de rires. 🙂

Depuis hier midi, nous sommes accueillis au sein d’une famille de l’ethnie Tay à Pu Bin. Elle est constituée du grand-père, d’un couple, de leur fille de 19 ans et fils de 14 ans et de la soeur de l’homme du couple. Leur maison, comme toutes celles du village est sur pilotis. Elle est fabriquée en bois, avec un toit en taule et semble bien solide. Il doit y faire froid en hiver parce qu’elle n’est pas isolée. C’est le grand-père et son fils qui l’ont bâtie de leurs propres mains en 2003. Elle est située en haut d’une colline par laquelle on accède via un sentier très abrupt.

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Le chauffeur et le patriarche.

Les organisateurs de l’agence de voyage avec laquelle nous avons fait affaire pour ce tour craignaient que ce soit très difficile pour moi de monter cette côte parce qu’elle est faite de terre et est assez glissante. Ils ont donc demandé à la famille de construire un escalier. Cela leur a pris la journée entière. Ils ont utilisé la terre et l’ont modelée pour en faire des marches qu’ils ont solidifiées avec du bois de bambou. Vous vous rendez compte, ils ont fait un escalier exprès pour moi !!! Bon, il sera utile à tous dans le futur mais quand même ! Ils ont vu juste parce qu’il faut bien avouer qu’il m’aurait été très ardu de monter cette pente. Même peut-être infaisable. Et je n’en reviens toujours pas qu’ils aient accepté de faire ça pour ma venue.

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La maison de nos hôtes. En bas, à gauche, on voit l’escalier qu’ils ont construit pour moi.

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Vue du village et ses montagnes. En bas à droite : « mon escalier ».

L’espace sous la maison sert à manger dehors par beau temps, à entreposer différentes choses et à certaines activités de la ferme. À l’étage, il y a deux pièces. La première est très grande, c’est là que tout le monde mange et dort. La seconde, c’est la cuisine. On y trouve un feu encerclé de bancs très bas où tout le monde se rassemble pour discuter et se réchauffer. Il y a aussi une étagère et une armoire. Il n’y a ni comptoir, ni table, ni chaises. Le plancher de la cuisine est en bois de bambou.

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La grande pièce. Au fond : la cuisine.

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Dans la cuisine, au coin du feu. Le blé d’Inde sèche au-dessus.

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L’étagère de la cuisine. L’ouverture à droite mène à la salle de bain située en bas d’un escalier très à pic de 10-15 marches.

La maison est alimentée en électricité sans toutefois être chauffée. L’eau est acheminée du haut de la montagne via un système ingénieux de tuyaux de bambou et s’accumule dans une cuve munie d’un robinet. Ceci leur permet d’avoir de l’eau à portée de main pour la cuisine et la toilette. L’organisme qui organise ce séjour chez l’habitant depuis seulement 2014 a fait construire une toilette, un lavabo et une douche au rez-de-chaussée de la maison pour assurer un confort minimal aux touristes. Les habitants eux, font plutôt comme autrefois : ils font leur toilette à la mitaine en faisant chauffer l’eau sur le feu. Comme dans toutes les maisons asiatiques, il faut enlever ses souliers avant d’entrer. Ils sont habitués de marcher pieds nus malgré le plancher de bois assez froid (il fait environ 12-13 degrés celsius en cette saison et le mercure descend parfois jusqu’à 5-6 degrés).

La journée commence vers 6h du matin et se termine vers 20h30-21h, moment où on installe les lits (constitués d’un petit matelas, assez ferme, de couvertures et d’une moustiquaire). Vers 21h30-22h, tout le monde se couche et on ferme les lumières.

Les repas se prennent sur des nattes tressées, assis par terre. Chacun prend un petit bol et se sert des différents mets posés sur un plateau au centre. Le riz est bien sûr l’aliment de base. Ce que nous avons mangé jusqu’à présent était très bon. Étant donné qu’ils doivent vaquer aux activités de la ferme, c’est l’une des jeunes femmes qui nous accompagnent et le chauffeur qui préparent les repas. L’autre jeune femme qui nous accompagne est la guide. C’est elle qui fait l’interprète car aucun d’eux ne parle anglais. Ceci est dû au fait que le village n’est pas du tout touristique. Il n’y a ni hôtel ni restaurant. Il n’y a même pas de magasins. C’est aussi super tranquille, ce qui est plutôt reposant après Hanoi qui est une ville super bruyante. Et les montagnes qui nous entourent sont verdoyantes et très jolies.

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La préparation du repas.

 

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On met « la table ».

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On passe « à table ».

Hier après-midi, après notre arrivée, nous sommes allées nous balader dans le village. Un couple nous a invité à passer un moment avec eux. La dame, très gentille, spontanée, super souriante et au rire communicatif avait plein de questions pour nous. D’ailleurs, nous sommes autant l’attraction qu’eux le sont pour nous. Mon fauteuil roulant, qui passe inaperçu en ville est ici le point de mire, une véritable découverte, pour ces gens si pauvres qui sont à peine allés plus loin que le village voisin. On nous prend même en photo ! C’est plutôt comique !

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Pendant que je vous écris, Seb est en train de jouer aux cartes avec quelques-uns d’entre eux. Les éclats de rire fusent. C’est vraiment beau à voir. Les Vietnamiens, du moins ceux avec qui nous sommes, sont des gens au sourire sincère qui aiment bien rigoler. Ça les rend vraiment sympathiques. En comparaison, en Thaïlande qui est pourtant connue comme le pays du sourire, ce n’est pas du tout pareil. Les Thaïlandais sont des gens réservés où j’ai perçu le sourire comme une façade de politesse. Au Myanmar, les gens étaient hyper souriants, davantage qu’ici, mais semblaient moins enclins à rire.

Ce matin, nous devions aller rencontrer les enfants à l’école mais il pleuvait. Ce n’était pas vraiment idéal parce que les sentiers deviennent très glissants lorsque mouillés. C’est un peu décevant mais faut bien avouer que j’aurais facilement pu me casser le gueule malgré l’escalier super bien fait.

Nous passons de très beaux moments ici et on se sent privilégiés. Au Vietnam, plusieurs villes et villages organisent des séjours chez l’habitant. Ce sont toutefois habituellement dans des lieux touristiques où c’est un peu devenu un business. On apprend bien plus ici sur la vie à la campagne que dans les livres ou sur l’internet. Clin d’oeil pour mon père : c’est impossible de vivre ça sur Google maps ! 😉

L’organisme qui a organisé notre séjour se nomme Flavours of Vietnam et est dirigé par Diep To qui nous a été référée par Pierre-Jacques. Elle a été en couple avec un Québécois pendant quelques années et a donc vécu au Québec. Elle a plusieurs activités professionnelles. Elle donne entre autres des cours de cuisine vietnamienne au Canada et aux États-Unis. Elle organise des circuits privés gastronomiques au Vietnam pour des touristes et a lancé une fondation qui vise à améliorer le niveau de vie des habitants de Pu Bin en leur permettant d’accueillir des touristes qui veulent découvrir la vie quotidienne des gens de cette région. Son expérience de la vie québécoise lui permet de savoir ce que les touristes sont en mesure de supporter en termes de confort. C’est pourquoi les matelas qui nous sont destinés sont un peu plus épais que ceux des autres, qu’on y installe draps et couette et que la salle de bain a été construite. Elle leur a aussi enseigné de nouvelles recettes pour offrir une alimentation plus diversifiée aux invités. C’est ainsi qu’en faisant ces aménagements cela permet aux touristes de venir et d’améliorer en même temps la qualité de vie de cette famille. Grâce à l’organisme Casira, avec lequel Pierre-Jacques travaille, ils vont accueillir dans les prochaines semaines douze Québécois qui vont venir passer trois semaines ici pour construire des toilettes pour l’école.

La jeune guide qui nous a accompagnés, surnommée Amy pour les touristes, est vraiment adorable et super sympathique en plus d’être très dévouée. Elle a toujours répondu à nos questions à la hauteur de ses connaissances et jamais n’a montré la moindre impatience à tout traduire. Le rôle qu’elle a joué fut essentiel. Grâce à elle, nous avons beaucoup appris et pu communiquer avec la famille qui nous accueillait. Aussi, c’est tout simplement un grand plaisir de l’avoir rencontrée et son sourire et sa gentillesse vont me rester en mémoire toute ma vie.

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La cuisinière et notre guide, Amy.

J’ai oublié de vous raconter une anecdote de ce séjour. À un moment, j’étais assise avec les autres auprès du feu et tout d’un coup, l’une des femmes, m’a soudainement fait un gros câlin, sans raison. Un très beau souvenir. J’étais toute émue.

La famille est en train de construire une seconde maison car le mois prochain, le groupe de qui vient construire les toilettes pour l’école, occupera la leur. On est allés les voir à l’oeuvre. Ils sont super agiles et font le tout sans avoir vraiment de plans. J’aurais bien aimé voir le produit fini.

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On construit une nouvelle maison.

Nous sommes partis après le repas du midi, un peu tristes mais tellement heureux de notre expérience. Une tranche de vie comme ça, c’est vraiment dur à battre. Si vous avez la chance d’aller au Vietnam, contactez Flavours of Vietnam et allez à Pu Bin. Vous ne le regretterez pas, c’est sûr et certain !

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Portrait de « famille ».

Go go go !

Vietnam, Hanoi

Demain matin à 8h, nous partons passer trois jours et deux nuits au sein d’une famille Vietnamienne de l’ethnie Black Thai ou Muong. J’ai vraiment hâte de les rencontrer et de pouvoir échanger avec eux. Notre guide servira d’interprète. Prenez note que nous serons dans les montagnes et je ne crois pas qu’il y ait l’Internet. C’est près de Ninh Binh, au sud de Hanoi, pour ceux qui veulent voir où c’est sur la carte. Nous revenons samedi.

En attendant voici quelques unes de mes impressions-observations-réflexions, en vrac :

Il fait environ 15-20 degrés celsius et les Vietnamiens ont si froid qu’ils se promènent avec des manteaux d’hiver ! Plutôt comique !

Il faut traverser les rues lentement pour laisser le temps aux voitures et motos de nous contourner. Si on faisait ça à Montréal, on serait tués immédiatement ! C’est effrayant la première fois. Et même encore parfois. 😉

On mange super bien depuis le début et étrangement, on n’a toujours pas été malades !

Au dépanneur (ça ressemble à ça pour vrai), j’ai payé une boite de 8 triangles de Vache qui rit un peu plus de 1, 50 $ et une boisson style Gatorade à 0,60 $ ! Seb a acheté une bière pour 0,50 $.

Les maisons sont super étroites, très profondes et comptent plusieurs étages. C’est dû au fait que les taxes étaient – et sont peut-être encore – fixées selon la largeur de la maison. C’est étrange quand il y en a une isolée des autres. On dirait une tour qui a poussé au milieu de nulle part.

Le bruit est incessant. Ça klaxonne tout le temps. C’est ainsi qu’ils signalent aux autres leur arrivée car personne ne regarde derrière soi. Même la nuit est bruyante. Ça se calme un peu vers minuit mais ça reprend dès 5h du matin.

Tout est sale ! Mais je ne sais pas par quel moyen ils restent propres sur eux ! Le soir, les commerçants balaient leur trottoir, rassemblent tous les déchets en petits tas dans la rue (sans mettre quoi que ce soit dans des sacs à ordures) et des employés balaient ensuite la ville pour tout ramasser. Mais pas avec un camion fait exprès comme chez nous.

Les bancs et chaises sont si bas et petits qu’on croirait des sièges d’enfants. On a l’impression d’être assis par terre. Les camions aussi sont super petits. On dirait des jouets.

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Un restaurant où on a mangé.

 

Aujourd’hui on a vu un gars qui tirait un fil électrique en pleine rue, au milieu de la circulation. Et sans se faire frapper !!!

Les magasins sont minuscules et spécialisés. L’un vend des rouleaux de tape, l’autre des sacs, l’autre des bonbons et biscuits, etc. Ça devait être comme ça chez nous, avant la venue des grands magasins.

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Voici deux magasins assez grands en comparaison avec d’autres.

Ce midi, on a mangé dans un super resto qui propose des spécialités de toutes les régions du pays. C’est super pour découvrir les mets locaux. On serait bien partis avec le menu en souvenir. On a super bien mangé.

Les rouleaux impériaux ne sont pas comme chez nous. Faudra que je pense à prendre une photo pour vous montrer. Ils sont délicieux.

Ils font une grande variété de jus. Sur le bateau, on nous a servi un jus de longanes. Papa, tu serais aux anges. :-). Le matin, je me régale souvent d’un jus de fruit de la passion. Miam miam. 🙂

À la limite de la vieille ville, il y a un super gros centre d’achats, tout moderne, comme chez nous. Il y a des magasins de luxe comme Louis Vuitton. On a aussi vu Gap. C’est aussi cher que chez nous ! Alors il y a plus de vendeuses que de client(e)s. Il  y a une rampe pour personnes handicapées et on y a trouvé des toilettes adaptées. Je me demande si ce sont les seules de la ville.

La difficulté qu’on a à circuler est due au fait que la circulation est dense et que les trottoirs sont occupés par la marchandise des commerces et les motos. L’asphalte est correct. Il n’y a pas de trous comme au Myanmar !

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Devant notre hôtel.

Bon, je vous dis à samedi. 🙂 Faut que je prenne ma douche et que je me couche. Il est déjà 1h du matin et on se lève à 6h30 !!!