Le désert à l’eau

Les voyages sont toujours faits d’imprévus. Nous devions faire une escapade dans le désert de la Guajira par le biais d’une agence de voyage mais au moment de payer, la veille du départ, la responsable nous a annoncé que l’expédition venait d’être annulée en raison des mauvaises conditions météorologiques. Il semble qu’il ait beaucoup plu avec pour conséquence que les routes sont impraticables, que les gens restent pris au piège, dans la boue, sans connexion internet. Alors pour notre propre sécurité, ils ont préféré annulé. Ils doivent être responsables car cela représente une bonne somme d’argent pour eux (pour nous aussi : 300$ par personne). C’est vraiment dommage car cela nous aurait fait découvrir un paysage et une ambiance complètement différente de la Colombie. Les photos montraient des dunes de sables ocres et orangés donnant sur l’eau. Cela avait l’air magnifique.

Mompox

Nous avons donc dû replanifier et choisir une autre destination. Nous allons donc finalement à Mompox, une ville coloniale endormie et reculée dans les marais. Cela semble tranquille, chaud, mais agréable. Pour nous y rendre, l’agence de voyage nous a proposé de s’occuper de la logistique. Cela nous rappelle l’Asie où c’était le mode de fonctionnement habituel. Il est vrai que trouver quelle compagnie du bus se rend là où nous le voulons et les horaires par nous-mêmes n’est pas une mince tâche. Nous avons donc été pris en charge par la responsable, à partir de l’hôtel où elle est passée nous prendre pour nous conduire au terminus d’autobus, s’est chargée d’acheter les billets à notre place et de demander au chauffeur de nous déposer à notre hôtel.

La côte des Caraïbes

Revenons à la côte des Caraïbes. Lorsqu’on passe des montagnes à la côte, le climat change. Il fait plus chaud et nous voyons des cactus de plusieurs mètres de haut qui dépassent régulièrement le sommet des arbres. C’est assez impressionnant. Le mode de vie se transforme aussi drastiquement et nous voyons des similitudes avec la façon de vivre du Sénégal et dans une certaine mesure avec l’Asie du sud-est.

Taganga

Les maisons, à Taganga comme aux abords de certaines villes (parfois de vrais bidonvilles), sont des taudis, des cabanes en dur d’une ou deux pièces aux toits de tôle ondulée. Elles servent d’abris, ni plus ni moins. La porte est souvent ouverte. Les commerces sont aussi ouverts en grand. Les gens se rassemblent dehors, trainent dans les rues. La pauvreté est partout. Le soir, le bar et deux autres commerces mettent la musique à tue-tête. Ils s’enterrent l’un l’autre. La saison des pluies fait descendre la terre et les cailloux des montagnes. On les met en tas tout en bas, près de la promenade qui longe la plage, et la ville ne viendra les ramasser qu’une fois la saison des pluies terminée. C’est un peu comme si on ne déblayait la neige qu’à la fin de l’hiver… Les rues sont donc plus ou moins praticables et nous y roulons en voiture à 5 km heure. Heureusement que la ville est petite.

Notre hôtel, le Casa D’mer, est, dans cette ville amochée, un hôtel tout à fait agréable. Les chambres, même si elles ne sont pas toutes neuves, sont propres. Le déjeuner inclus est excellent et nous permet de tenir jusqu’à 14-15h. Fait exceptionnel : il y a une chambre avec salle de bain privée pour personnes à mobilité réduite ! La salle de bain, grande et fonctionnelle est munie d’un banc de douche qui a fait mon plus grand bonheur. Le seul bémol : le lit double est super ! Mais ne faites pas comme moi et allez voir le responsable de l’hôtel : ils ont une rampe amovible pour aider les personnes handicapées à faire leurs transferts sur le lit. Si vous voulez faire sans, la chambre est aussi munie d’un lit à deux étages dont le lit du bas est d’une hauteur régulière. D’ordinaire, les chambres adaptées se trouvent dans des hôtels d’une catégorie que nous ne nous payons jamais et puis je peux faire sans. C’est donc une adresse à connaître car le prix de la chambre est autour de 35 $ la nuit. Il y a des rampes pour rentrer dans l’hôtel et pour se rendre dans la chambre adaptée. Alors bien que les rues soient en cette saison un peu difficiles, il est tout à fait possible de s’y balader d’autant plus que la promenade qui longe le bord de l’eau est munie de rampes dans la plupart des endroits.

Taganga a un grand potentiel touristique en raison de sa proximité avec le parc Tayrona où nous sommes allés et le désert. Il faudrait toutefois une meilleure infrastructure et rendre le lieu plus sécuritaire, comme ce l’était il y a environ 8 ans. La popularité a amené plus de touristes, et par le fait même, des gens un peu malhonnêtes. C’est dommage mais peut-être qu’y venir l’hiver m’aurait laissé une impression bien différente.

Parc Tayrona

Pour se rendre dans le parc Tayrona en partant de Taganga, il y a deux options. La première est compliquée et est une enfilade de taxi, bus, jeep et randonnée ! La seconde est plus simple : le bateau. En une heure on est rendu. Comme toujours, le défi est de monter et descendre du bateau. Il n’y a pas de quai : comme souvent en Asie, on embarque sur la plage. Et le bateau est… haut ! Heureusement que mon amour est là et que les responsables du bateau m’ont aidée. En fait, il n’y avait pas d’autre solution que de me prendre dans leurs bras. Et une fois dans le bateau, il y a un espace super profond à enjamber. Pour là aussi, une aide a été nécessaire. Mais ça en valait la peine : la plage El Cabo San Juan est superbe. Il ne manque que l’eau verte pour faire concurrence aux plages de Thaïlande. Les montagnes et les rochers tombent dans l’eau. La plage est propre, on se met à l’ombre des cocotiers et puisque nous sommes en saison intermédiaire, on peut trouver un petit coin plus tranquille. Il n’y a qu’un seul restaurant ce qui n’est pas plus mal.  De toute  façon, un concombre acheté la veille m’attend.

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Santa Marta

Hier, nous sommes allés à Santa Marta. Le petit tour que nous avons fait ne nous a pas impressionnés. Les maisons auraient vraiment besoin d’être retapées. À dire vrai, ça ne m’a pas plu et nous avons compris la déception de ceux qui s’y rendent pour se reposer sur la plage. Il n’y a rien de joli ou d’intéressant là-bas. Il y a tellement d’autres destinations beaucoup plus intéressantes. En plus, il y a tout un quartier qu’il vaut mieux éviter le soir et il faut alors prendre absolument un taxi. Je ne vois pas comment on peut y trouver la détente. Il parait en plus que les plages de Carthagène sont pires !

Barichara

Avant d’arriver sur la côte, nous voulions nous arrêter visiter la petite ville de Barichara. Elle est réputée être la plus belle de Colombie et il faut avouer que le cadre est exceptionnel. On a un superbe point de vue sur les montagnes environnantes. Comme les prix des chambres y sont élevés, nous sommes descendus à San Gil. Je n’ai pas du tout aimé. La circulation est folle, la ville est bruyante. La route près de la rivière sur laquelle était situé notre hôtel est en plus désagréable et difficile à utiliser en fauteuil roulant : les trottoirs ne permettent pas souvent le passage de deux personnes côte à côte, leur largeur rétrécit souvent. Bref, on est forcé d’aller dans la rue mais les gens en voiture nous foncent quasiment dessus. De plus, la ville est en montagne alors il y a des côtes très abruptes ! Par dessus tout, notre hôtel était désagréable (Casa Esmeralda). Chambre petite avec fenêtre sur le couloir, super bruyante malgré tout, déjeuner pourri servi dans le resto d’en face, des tentatives pour nous faire payer lors de l’enregistrement au lieu d’au moment de quitter et en plus en liquide en prétextant que leur machine est brisée. Seul point semi positif : ils sont gentils. Mais trop. Et trop c’est comme pas assez. Bref, évitez autant que possible. Payez plus cher et prenez un hôtel à Barichara. Même s’il y a aussi des pentes abruptes, vous serez au moins dans un cadre bucolique. Personnes à mobilité réduite : choisissez bien votre trottoir. Leur hauteur varie considérablement d’un bout à l’autre de la rue pour atteindre des hauteurs jamais vues, même au Myanmar ! On dirait qu’ils ont voulu qu’ils soient droits au lieu de leur faire suivre la pente de la rue.

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Barichara est donc une très jolie petite ville coloniale, tranquille, avec une parc central qui donne sur l’église et une école. Les maisons sont blanches et cela fait penser à Villa de Leyva. C’est là que nous avons vu des tuk tuk, semblables à ceux d’Asie mais ayant pour base les Piaggio italiens. Nous en avons revu sur la route plus tôt aujourd’hui et nous avons aussi remarqué des pousses-pousse (vélo à trois roues avec petite banquette à deux place à l’arrière). Et pour faire exotique, nous avons vu un panneau indiquant de probables traversées d’iguanes et de tamanoirs !!!

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